| EN BREF La trésorerie d’entreprise mérite d’être structurée selon trois horizons : besoins immédiats, projets à moyen terme et excédents à long terme, afin de préserver sa disponibilité tout en valorisant les capitaux. Pour les excédents durables, une réflexion patrimoniale peut permettre de dissocier les actifs de l’exploitation et d’optimiser leur gestion, notamment dans une perspective d’investissement ou de transmission. |
Combien de dirigeants laissent dormir des dizaines de milliers d’euros sur leurs comptes professionnels, parfois par prudence ou bien par faute de prendre le temps de la segmenter ?
A court terme, cela a un coût réel :
- celui de l’inflation qui érode le capital,
- celui d’une opportunité manquée de construire un patrimoine en parallèle du développement de l’entreprise.
Il est donc important de bien la structurer mais comment ? Il s’agit de ne pas raisonner en bloc mais de segmenter la trésorerie de l’entreprise selon trois strates, chacune répondant à un besoin et à un horizon de placement différents.
1. La trésorerie dite vitale
(horizon de placement de 0 à 12 mois)
C’est la trésorerie qui est nécessaire à l’exploitation, au bon fonctionnement quotidien de l’entreprise : paiement des salaires, des fournisseurs, des charges sociales et fiscales, gestion des aléas. Elle correspond au besoin en fonds de roulement (BFR).
Cette poche doit rester disponible et sécurisée, sans prise de risque.
On privilégie ici des supports liquides à très court terme : compte rémunéré (livret professionnel), compte à terme.
L’objectif n’est pas le rendement, mais la disponibilité des sommes en cas de besoin.
2. La trésorerie de développement
(horizon de placement de 3 à 5 ans)
Cette seconde poche peut être dédiée aux projets d’investissement professionnel à moyen terme :
- Acquisition de matériel
- Croissance en externe
- Développement commercial
- Constitution d’une réserve pour un projet identifié (projet d’acquisition de bâtiments professionnels, etc).
Cette trésorerie peut accepter un peu plus de risque et viser un rendement supérieur à celui de la poche « vitale » dans la mesure où l’horizon de mobilisation est connu et plus lointain (généralement de 3 à 5 ans). Des supports comme les comptes à terme avec des durées plus longues, certains fonds en euros ou des placements obligataires peuvent être envisagés en fonction de l’estimation de la date de mobilisation des fonds.
Il s’agit de trouver le bon équilibre entre la disponibilité et la valorisation, sans sacrifier la capacité de l’entreprise à saisir une opportunité de développement le moment venu.
3. La trésorerie excédentaire
(horizon de placement supérieur à 5 ans)
Par définition, il s’agit de la richesse excédentaire créée par la société d’exploitation et qui excède ses besoins, ses projets professionnels identifiés à moyen terme et sur laquelle on peut se poser la question de son maintien ou non dans les comptes de l’entreprise.
Si cet excédent est laissé sur les comptes peu rémunérés de l’entreprise, il devient un capital dormant qui perd de la valeur avec l’inflation et peut dans certaines situations devenir une réelle contrainte dans le cadre d’un projet de transmission.
En effet, si le montant de la trésorerie d’entreprise excède la valeur des actifs professionnels, il peut être plus délicat de trouver un repreneur puisqu’une grande partie du prix sert alors à racheter de l’argent qui dort sans lien avec la rentabilité opérationnelle future.
Le dirigeant peut par ailleurs perdre l’éligibilité à certains régimes de faveur comme le Pacte Dutreil Transmission permettant une exonération de 75% sur la valeur des titres transmis.
Ces régimes conditionnent leur application à l’existence d’une activité opérationnelle réelle et l’excès de trésorerie vient alors fragiliser cette qualification.
Une fois cette richesse excédentaire qualifiée, se posera la question de la dissocier de la société d’exploitation. C’est à ce moment-là qu’il devient essentiel pour le dirigeant d’être entouré de conseils (expert-comptable, conseiller en gestion de patrimoine) afin de déterminer la solution qui sera la plus adaptée à ses objectifs et à sa situation patrimoniale plus globale.
Plusieurs pistes pouvant être alors étudiées parmi lesquelles la mise en place d’une société « Holding », chacune répondant à des règles fiscales différentes et ouvrant sur des solutions d’investissement plus adaptées.
Vos questions, nos réponses :
Comment savoir quelle somme conserver en trésorerie « vitale » ?
Elle doit couvrir les besoins courants de l’entreprise et les éventuels imprévus : salaires, fournisseurs, charges sociales et fiscales, notamment. Son montant dépend donc de l’activité, du BFR et de la visibilité du dirigeant sur ses prochains mois.
Peut-on investir la trésorerie excédentaire de son entreprise ?
Oui, sous réserve de conserver les liquidités nécessaires à l’activité et aux projets identifiés. Selon l’horizon de placement et les objectifs du dirigeant, différentes solutions peuvent être étudiées pour valoriser cette trésorerie, avec un niveau de risque adapté.
Pourquoi réfléchir à une holding lorsque la trésorerie devient excédentaire ?
Une holding peut notamment permettre de dissocier une partie des actifs de la société d’exploitation et d’organiser leur réinvestissement. Son intérêt dépend toutefois de la situation de l’entreprise, des objectifs du dirigeant et des enjeux fiscaux, patrimoniaux et de transmission.
Vous êtes dirigeant d’entreprise ? Nos experts patrimoniaux vous reçoivent à Vannes, Nantes, Saint Brieuc, Lorient et Paris pour analyser votre situation et sécuriser vos choix.