EN BREF
L’assurance vie n’est pas un placement en soi : c’est une enveloppe, un moyen de détenir son épargne. Elle prend place dans une stratégie patrimoniale d’abord pour son cadre : une fiscalité allégée sur les gains après huit ans de détention, et une transmission facilitée grâce à la clause bénéficiaire.
Mais l’enveloppe ne fait pas la performance. Ce qui est déterminant, c’est ce que vous détenez à l’intérieur : les supports sur lesquels votre épargne est réellement investie. Ils se répartissent en deux grandes familles, le fonds en euros et les unités de compte (UC).
| Fonds en euros | Unités de compte | |
| Capital | Garanti par l’assureur | Non garanti |
| Rendement | Modéré, régulier | Potentiellement plus élevé |
| Risque | Très faible | De modéré à élevé |
Fonds en euros et unités de compte : quelle différence ?
La différence tient en un mot : la garantie du capital.
Sur le fonds en euros, c’est l’assureur qui porte le risque. Il garantit les sommes que vous avez versées : votre épargne ne peut pas baisser, et les intérêts acquis chaque année vous sont définitivement acquis (c’est ce qu’on appelle l’effet cliquet). En contrepartie de cette sécurité, le rendement est encadré et reste modéré.
Sur les unités de compte, c’est vous qui portez le risque. Votre argent est investi sur les marchés : actions, obligations, immobilier. L’assureur garantit le nombre de parts inscrites à votre contrat, jamais leur valeur. Cette valeur monte quand les marchés progressent, et baisse quand ils reculent. En échange de ce risque, vous visez un rendement potentiellement bien supérieur à celui du fonds en euros.
Le fonds en euros : la sécurité avant tout
Le fonds en euros est souvent comparé au Livret A pour sa stabilité. La grande différence : il n’a ni plafond de versement, ni taux administré par l’État.
Concrètement, votre assureur investit votre capital, principalement en obligations d’État et d’entreprises, des placements réputés sûrs. Les gains générés viennent s’ajouter à votre épargne et, une fois acquis, ils sont garantis eux aussi.
Un taux affiché ne veut rien dire tout seul : ce qui compte, c’est ce qu’il reste une fois l’inflation déduite, le rendement réel, votre vrai gain de pouvoir d’achat. Le graphique retrace dix années de rendement du fonds en euros face à l’inflation.

Ce que montre le graphique :
Le taux affiché peut tromper. En 2022, le rendement remonte à 1,91 % et c’est pourtant la pire année de la décennie : l’inflation atteint 5,22 % et l’épargne recule de 3,31 % en pouvoir d’achat.
2025 est la meilleure année depuis dix ans en termes réels. Le taux moyen s’établit à 2,65 % pendant que l’inflation reflue à 0,90 % : il reste 1,75 % de gain réel, un niveau retrouvé pour la première fois depuis 2016.
Et face aux livrets réglementés ?
Le second graphique replace le fonds en euros face aux livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) et à l’inflation, année par année.

Fonds euros vs Livret A : qui l’emporte ?
Devancé par le Livret A en 2023 et 2024, le fonds en euros est repassé devant en 2025, à mesure que le taux du Livret A redescendait. Ce dernier a été ramené à 1,5 % en février 2026, avant de remonter à 1,7 % au 1er août 2026. Le fonds en euros, lui, n’a ni plafond ni taux fixé par l’État : il peut donc accueillir une épargne bien plus importante, avec un rendement qui dépend de la gestion de l’assureur.
Les unités de compte : viser la performance, accepter le risque
Investir en unités de compte, c’est placer son épargne sur les marchés, cotés comme non cotés. Sur les marchés cotés, les titres s’échangent en bourse et sont valorisés en continu. Sur les marchés non cotés, les participations sont valorisées périodiquement et la sortie demande plus de temps. En échange d’une prise de risque, vous accédez à un potentiel de rendement que le fonds en euros ne peut pas offrir.
L’un des grands atouts des UC, c’est la diversification : sous une même appellation, on trouve des placements très différents. Voici les principales familles.
| SUPPORT | CE QUE C’EST |
| Actions | Des parts du capital d’entreprises cotées. Le rendement vient des dividendes et de la variation du cours. La classe d’actifs la plus variable, et le principal moteur de performance sur longue durée. |
| Obligations | Des créances sur des États ou des entreprises, qui versent un intérêt appelé coupon et remboursent le capital à l’échéance. Le risque porte sur le défaut de l’émetteur et sur l’évolution des taux. |
| Immobilier | Des parts de sociétés propriétaires d’immeubles loués, sous forme de SCPI, SCI ou OPCI. Le rendement vient des loyers et de la valeur expertisée du patrimoine. |
| Produits structurés | Une formule contractuelle : un rendement défini à l’avance est versé si un indice de référence respecte une condition à des dates fixées, avec une protection du capital jusqu’à un seuil de baisse. Les scénarios sont connus dès la souscription. |
| Private equity | Le capital d’entreprises non cotées, détenu via un fonds spécialisé. Horizon long, capital peu disponible pendant plusieurs années. |
| Dette privée | Des prêts consentis directement à des entreprises, hors circuit bancaire. La rémunération vient des intérêts perçus, en contrepartie d’un risque de défaut et d’une liquidité réduite. |
| Monétaire | Des placements de très court terme adossés aux taux directeurs. Très peu variables, utiles comme zone d’attente. |
Vous pouvez détenir ces supports de deux manières :
- en titres vifs, en détenant directement une action, une obligation ou un produit structuré ;
- via un organisme de placement collectif (un fonds), géré par une société de gestion qui mutualise le risque sur de nombreuses lignes, en contrepartie de frais.
Dans les deux cas, la règle est la même : l’assureur garantit le nombre de parts inscrites au contrat, jamais leur valeur.
Pour aller plus loin : ETF et ETC, deux sigles à conna
Un ETF (ou tracker) est un fonds coté en bourse qui cherche à suivre un indice au plus près, plutôt qu’à le battre. Cette gestion dite passive affiche des frais généralement bien plus faibles qu’un fonds géré activement. En contrepartie, il suit l’indice à la baisse comme à la hausse, sans amortisseur. Pour les matières premières (or, pétrole…), l’équivalent s’appelle un ETC. À garder en tête : ces actifs ne versent ni coupon, ni loyer, ni dividende, la performance vient uniquement de la variation du prix.
Comment choisir entre fonds en euros et unités de compte ?
Le bon support dépend de trois questions simples à vous poser.
- 1. Quel est mon horizon de placement ? Plus votre horizon est long, plus vous pouvez accepter les unités de compte : le temps permet de lisser les hauts et les bas des marchés. Pour un projet à court terme, le fonds en euros est plus adapté.
- 2. Quelle part de mon épargne peut supporter une baisse ? C’est la question centrale, et elle précède toutes les autres. Si l’idée de voir votre capital reculer, même temporairement, vous empêche de dormir, privilégiez le fonds en euros. Si vous pouvez immobiliser une partie de votre épargne sans y toucher, les UC deviennent envisageables.
- 3. Est-ce que je cherche la sécurité ou la performance ? Les deux ne s’opposent pas forcément : le contrat multisupport permet justement de les combiner. La plupart des épargnants ne choisissent pas l’un ou l’autre, mais le bon équilibre entre les deux.
Bon à savoir avant de comparer les taux
Le rendement moyen affiché d’un fonds en euros intègre souvent des bonifications conditionnées (par exemple, un taux boosté si vous détenez une part minimale d’unités de compte). Un épargnant qui n’y a pas droit obtient un taux inférieur à cette moyenne. Vérifiez toujours quel taux votre contrat sert réellement.
Vos questions, nos réponses :
Puis-je changer de répartition en cours de contrat ?
Oui, c’est ce qu’on appelle un arbitrage : vous passez d’un support à l’autre au sein du contrat, sans le clôturer et sans fiscalité, puisque l’argent ne sort pas de l’enveloppe. Votre répartition n’est donc jamais figée : elle peut évoluer avec votre âge, vos projets et les marchés.
Le fonds en euros peut-il baisser ?
Non, c’est le principe même de la garantie : le capital et les intérêts déjà acquis ne peuvent pas reculer, c’est l’effet cliquet. En revanche, son rendement peut être inférieur à l’inflation : votre épargne ne baisse pas en euros, mais elle peut perdre du pouvoir d’achat, comme en 2022 et 2023.
Puis-je tout placer sur le fonds en euros ?
Oui, rien ne vous oblige à détenir des unités de compte : une allocation 100 % fonds en euros est possible et peut correspondre à un profil très prudent ou à un horizon court. Gardez simplement en tête que les taux bonifiés proposés par certains assureurs sont réservés aux contrats détenant une part minimale d’unités de compte.
Que deviennent mes unités de compte si les marchés baissent ?
Une baisse des marchés se traduit par une moins-value latente : le nombre de parts inscrites à votre contrat reste inchangé, c’est leur valeur qui recule. Tant que vous ne vendez pas, rien n’est perdu définitivement, et c’est précisément pour cela que l’horizon de placement est la première question à se poser.
Toutes les unités de compte sont-elles risquées de la même manière ?
Non, le risque dépend du support, pas de l’appellation. Un fonds monétaire ou obligataire de qualité varie peu, quand un fonds actions ou de private equity peut connaître des variations importantes. Le tableau des familles de supports donne l’échelle : c’est la composition de vos unités de compte qui définit le niveau de risque réel de votre contrat.
Puis-je perdre plus que ce que j’ai investi en unités de compte ?
Non. En unités de compte, la perte est limitée aux sommes placées sur le support : la valeur des parts peut baisser, même fortement, mais vous ne pouvez pas devoir de l’argent au-delà de votre investissement.
Le choix entre fonds euros et unités de compte n’est pas une question de « bon » ou de « mauvais » placement, mais d’adéquation avec votre situation. C’est précisément le rôle de votre conseiller : construire, avec vous, la répartition qui correspond à vos objectifs et à votre tolérance au risque.
Nos Experts Patrimoniaux Attitude Patrimoine sont à votre disposition pour échanger sur votre situation.