Conflit au Moyen-Orient : quelles implications pour les marchés et l’économie ?

🕐 Temps de lecture : 5 minutes

La présente note réalisée par Louis Savary, chargé de la sélection financière du Cabinet, constitue une synthèse d’analyse sur la base des informations disponibles à la date de rédaction. Elle a pour objectif d’apporter un éclairage général sur la situation géopolitique et ses implications économiques et financières.

Compte tenu de la nature évolutive du contexte international, les éléments d’analyse, scénarios et convictions présentés dans ce document sont susceptibles d’évoluer en fonction des développements à venir.

La reprise des hostilités entre les États-Unis, Israël et l’Iran marque une nouvelle phase de tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les frappes militaires menées contre des infrastructures iraniennes ont immédiatement provoqué une réaction des marchés financiers, dans une région qui concentre une part majeure des réserves d’hydrocarbures mondiales.

Si l’objectif affiché de Washington semble rester celui d’une opération militaire ciblée plutôt qu’une guerre prolongée, l’incertitude liée à l’évolution du conflit a rapidement entraîné une forte volatilité sur les marchés financiers, en particulier sur le marché de l’énergie.

Une réaction immédiate des marchés financiers

Les marchés ont réagi dès l’ouverture des places asiatiques et européennes avec un mouvement classique de réduction de l’exposition au risque.

Les principales évolutions observées :

  • recul des marchés actions mondiaux
  • forte hausse du pétrole
  • progression des actifs refuges
Des indices boursiers en baisse à l’ouverture des marchés en Asie :
  • l’indice Nikkei 225 à Tokyo a reculé d’environ 1,6 %
  • Shanghai et Sydney ont également enregistré des replis plus modérés.
En Europe, la tendance a été similaire :
  • le CAC 40 a chuté d’environ 2% à l’ouverture
  • le DAX à Francfort et le FTSE 100 à Londres ont également reculé.

Le pétrole au cœur des tensions

La réaction la plus spectaculaire concerne le marché pétrolier. Le baril de Brent, référence internationale du pétrole, a bondi jusqu’à 13% à l’ouverture, avant de se stabiliser autour de 80 dollars le baril. Le pétrole avait déjà fortement progressé ces dernières semaines, passant d’environ 61 dollars en début d’année à plus de 72 dollars avant l’escalade militaire.
Cette hausse reflète principalement la crainte de perturbations de l’offre dans une région qui concentre une part importante de la production mondiale.

Les investisseurs surveillent en particulier la situation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ:

  • 20% de la consommation mondiale de pétrole
  • près de 21 millions de barils par jour

Après plusieurs attaques contre des navires dans la zone, de nombreuses compagnies maritimes ont suspendu leurs passages, tandis que les primes d’assurance pour les tankers ont fortement augmenté.
Même sans fermeture totale du détroit, ces perturbations logistiques peuvent déjà entraîner une réduction effective de l’offre disponible sur les marchés.

Les compagnies pétrolières profitent de la hausse des prix

Dans ce contexte, les grandes compagnies pétrolières ont fortement progressé en Bourse, profitant de la hausse du prix des hydrocarbures.

Sur les marchés européens :

  • TotalEnergies progressait d’environ 5,5% à la Bourse de Paris après avoir gagné plus de 7% en début de séance
  • Eni avançait d’environ 4% à Milan
  • Shell gagnait plus de 5% à Londres
  • BP progressait d’environ 4%
  • Repsol bondissait de près de 8% à Madrid.

Cette évolution est classique dans les phases de tensions géopolitiques impliquant des producteurs d’hydrocarbures : la hausse du prix du pétrole améliore mécaniquement les perspectives de revenus du secteur énergétique.

Des tentatives de stabilisation de l’offre

Face à ces tensions, certains producteurs cherchent à limiter le choc énergétique.

Les pays de l’alliance OPEC+, notamment Arabie saoudite et Russie, ont annoncé une augmentation de la production d’environ 206 000 barils par jour pour le mois d’avril.
Cette hausse reste toutefois limitée par rapport aux volumes qui transitent habituellement par le détroit d’Ormuz.

Les pays importateurs disposent également de réserves stratégiques, les membres de l’OCDE étant tenus de maintenir environ 90 jours de stocks de pétrole, ce qui permet d’amortir temporairement les chocs d’approvisionnement.

Malgré cela, plusieurs analystes n’excluent pas un baril dépassant 100 dollars si les perturbations de transport ou les tensions militaires devaient se prolonger.

Un déplacement vers les actifs refuges

Dans ce contexte d’incertitude, les investisseurs se sont tournés vers les actifs traditionnellement considérés comme plus sûrs.
On observe notamment :

  • une hausse de l’or
  • un rebond du bitcoin
  • une progression du dollar
  • une hausse de l’indice de volatilité VIX

Cet indice, qui mesure l’aversion au risque sur les marchés financiers, se rapproche du seuil de 20, niveau généralement associé à des périodes de tension financière.

Quelles implications pour l’économie mondiale ?

L’impact économique dépendra essentiellement de la durée des perturbations sur le marché de l’énergie.

Dans le scénario central, une hausse durable de 10% du prix du pétrole pourrait entraîner :

  • une réduction de la croissance mondiale d’environ 0,2 point
  • une hausse de l’inflation mondiale de 0,1 à 0,2 point

Ces effets restent significatifs mais nettement inférieurs aux grands chocs pétroliers historiques. Le risque principal serait une escalade militaire perturbant durablement les infrastructures énergétiques ou les routes maritimes stratégiques.

Notre scénario central

À ce stade, le scénario le plus probable reste celui d’un choc géopolitique important mais potentiellement temporaire.

Les éléments clés à surveiller dans les prochaines semaines seront :

  • l’évolution du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz
  • l’état des infrastructures pétrolières dans la région
  • la réaction des grands producteurs de pétrole
  • l’évolution politique interne en Iran

Tant que les infrastructures énergétiques majeures et les routes maritimes restent opérationnelles, l’impact sur l’économie mondiale devrait rester contenu et transitoire, même si une prime de risque géopolitique pourrait persister sur les marchés de l’énergie pendant un certain temps.

⚠️ Avertissement

Ce document est fourni à titre purement informatif et ne constitue en aucun cas :

  • une recommandation personnalisée d’investissement,
  • une incitation à souscrire, modifier ou arbitrer un contrat d’épargne,
  • ni un conseil financier individualisé.

Chaque situation patrimoniale étant par nature spécifique, le cabinet Attitude Patrimoine reste à la disposition de ses clients pour toute analyse personnalisée de leur épargne et de leur stratégie patrimoniale.

Nous invitons ainsi nos clients à se rapprocher de leur expert patrimonial afin d’échanger sur leur situation personnelle et, le cas échéant, sur les implications de ce contexte sur leur allocation d’actifs.